Histoire
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Mathilde Ovize note que dans son voyage dans le Haut-Beaujolais, l’abbé Maxime Rimoz de la Rochette (curé de Thizy, décédé en 1849) fait dire à son guide qui l’accompagne lors de sa visite de Cours : « Notre paroisse renfermait plus de 6.000 habitants, sur un rayon de plus d’une lieue ; on en a retranché deux fractions pour former la paroisse du « Cergne » et celle de « Laville ». C’est le village dans lequel on a bâti l’église qui a donné son nom à cette nouvelle paroisse ; on doit donc l’écrire d’un seul mot. »
Cependant, ne serait-ce que par commodité, nous nous conformerons ici à l’usage maintenant bien établi d’adopter une orthographe en deux mots. L’origine toponymique de La Ville nous vient très probablement du mot latin villa, la ferme, qui a ensuite désigné le domaine rural puis, au Moyen Age, le groupe de fermes, le hameau ou village.
Contre toute apparence purement phonétique, La Ville est donc « la campagne » dans l’entière acception du terme.
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C’est sur son territoire, accroché aux pentes verdoyantes et boisées des contreforts ouest des monts du Beaujolais, que la Trambouze (anciennement Trambe) prend sa source, au beau milieu des sapins et frênes du Crêt de Formont.
Seul cours d’eau un peu important du « pays de Cours », longtemps son débit et l’apport de quelques ruisseaux affluents auront permis d’entraîner de nombreux moulins puis contribué à la naissance de l’industrie textile qui fera le renom de sa vallée, jusqu’à l’avènement de la machine à vapeur et de l’électricité.
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Des occupations néolithiques, celtiques, gallo-romaines et des passages de barbares à la souveraineté des sires de Beaujeu et l’influence du prieuré clunisien de Charlieu, son histoire est somme toute assez effacée. En réalité, le passé de La Ville se confond étroitement avec celui de Cours jusqu’au XIXème siècle et à son affranchissement, d’ailleurs dénué d’esprit dissident.
Des exemples patents d’une lointaine et forte imbrication demeurent.
Parlant de La Ville, nos anciens précisaient en patois « Lavelle, lavelle de queu » c’est-à-dire « de Cours » au sens possessif.
De plus, le lieu-dit « La Cime de Cours » est situé sur les hauteurs de… La Ville.
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Une chapelle est édifiée au bourg en 1823-1824. Bénite le 16 août 1825, elle devient église de la paroisse officiellement reconnue trois ans plus tard par une ordonnance de Charles X, le 13 avril 1828.
Forte d’une population croissante, La Ville revendique son indépendance en 1846 et l’obtiendra par une loi du 17 mai 1865, retirant à Cours 613 hectares, son point culminant et 1.200 résidents.
Son premier corps municipal est installé le 13 août 1865. Il est composé de douze membres élus.
Nommés par arrêté préfectoral du 28 août 1865, le premier maire, Benoît Fusy et son adjoint, Jean Buffard, sont installés à leur tour le 8 octobre 1865. Les registres d’état civil de la nouvelle commune sont ouverts le 1 er janvier 1866.
En 1906, La Ville recense 918 « lilipanpans », vingt-deux commerces, huit entreprises artisanales et connaît une importante activité agricole ancestrale.
Dans la tourmente de la première guerre mondiale, trente-six de ses enfants meurent pour la France.
En 1954, la population tombe à 460 habitants ; néanmoins le village reste animé.
En 1972, l’état des finances communales est devenu si préoccupant qu’un rapprochement avec Cours paraît nécessaire voire indispensable.
Un arrêté préfectoral du 26 février 1974 prononce l’association administrative de Cours et de La Ville.
Considérée comme une suite logique à cette situation, la fusion simple entre les deux ex-communes est approuvée le 28 octobre 2004 par les électeurs lilipanpans lors d’un référendum et prend effet au 1 er janvier 2005.
Si, naguère, la bourgade avait su et pu remarquablement s’émanciper, c’est en toute lucidité qu’elle est retournée dans le giron coursiaud.Tout au plus, y aura-t-il eu souci de distinction, jamais d’antagonisme.
Une période de cent quarante ans s’est achevée. Elle peut ne paraître qu’une parenthèse au regard de l’histoire mais vaut bien davantage dans la mémoire locale.
Au moins, La Ville aura-t-elle gardé l’essentiel de son charme naturel et mérité de hisser son nom au côté de celui de la cité mère.
Au commencement, il y eut Cours ; hier, Cours et La Ville, de part et d’autre ; aujourd’hui, il y a Cours La Ville… C’est ainsi que Cours devint Cours La Ville.
M. F.
Références :
Documentation et archives paroissiales et communales.
Notes sur les communes du canton de Thizy. Mathilde Ovize.
Cours et sa région. Docteur Gabriel Lhéritier. Pierre Fustier.